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Comment mon fonctionnement m’a conduit au naufrage

Me voilà arrivé à 50 ans et je suis à même de porter un regard plus serein et plus lucide sur mon parcours, en particulier sur une expérience professionnelle de 9 années qui s’est achevée par un naufrage. Tirer les leçons de ses échecs pour rebondir et faire mieux ensuite est un apprentissage incomparable que nulle école ne peut offrir mais qui se paie au prix fort.

Voici mon histoire et les erreurs que j’ai commises

Quand j’ai eu 30 ans, ma mère décéda et me laissa en héritage une petite maison au bord du lac Léman et un terrain avec un petit chalet. Depuis quelques temps, j’avais très envie de créer ma propre affaire et ainsi faire l’expérience de ce que signifie réellement être indépendant. Je me sentais très à l’étroit dans mon statut de salarié. Je m’intéressai alors à quelques affaires à vendre dans la région et tombai sur une petite épicerie-primeur dans un bourg de la côte lémanique. Pourquoi pas ?

J’approchai une banque et celle-ci, sans hésiter, me proposa un crédit important pour démarrer, crédit garanti par ma maison. Elle me proposa même plus que ce dont j’avais besoin. J’achetai donc l’épicerie sans trop discuter le prix et engageai beaucoup de frais pour la rénover et remplacer plusieurs équipements. Je me fis faire du papier à lettre, des cartes de visites, du papier à fromage et des sacs à mon enseigne. La totale. Je voulais que tout soit parfait.

1e erreur: je me suis beaucoup trop endetté sans réfléchir aux conséquences

2e erreur: j’ai mis en gage la maison familiale pensant que tout irait bien

3e erreur: j’ai beaucoup trop investi dans ma structure parce que je voulais que tout soit parfait.

J’approchai aussi une grande fiduciaire pour demander des conseils, en particulier sur la forme juridique de l’entreprise. J’envisageai de créer une Sàrl. L’expert m’en dissuada affirmant que dans ce domaine d’activité il est plus courant de l’exercer en Raison individuelle et que j’avais bien le temps de voir plus tard pour passer en Sàrl.

4e erreur: je n’ai pas assez réfléchi aux formes juridiques d’entreprise. Dans une activité risquée, j’ai choisi la Raison Individuelle qui est la plus redoutable quant à la responsabilité pour dettes.

5e erreur: j’ai demandé conseil à une personne qui n’était pas qualifiée, même s’il avait des diplômes et le titre d’expert.

Je devins donc épicier et entamait la belle saison avec la conviction que j’allais faire exploser le CA. L’automne arrivé, je réalisai que ma performance était très médiocre, moins 20% que mon prédécesseur. Il fallait que le métier rentre et je continuai mes efforts pour conquérir ma clientèle et augmenter le CA.

6e erreur: j’ai acheté une affaire sans me poser la question essentielle: Ai-je vraiment envie d’être un petit commerçant. J’ai agi avec impulsivité.

7e erreur: j’ai présumé de mes capacités naturelles. Ah la jeunesse !

Au bout d’une année, j’avais atteint les chiffres de mon prédécesseur, mais avais aussi triplé mon stock. Je découvris aussi que mon premier exercice était en légère perte, rien de grave pensais-je.

8e erreur: je me préoccupais uniquement d’augmenter mon CA sans être attentif aux chiffres essentiels comme le montant de mon stock et la rentabilité réelle de mon affaire.

C’est alors que je me lançai dans l’acquisition d’une 2e épicerie dans une autre localité. Une fois encore, j’investis pas mal d’argent pour l’équiper de neuf. J’engageai deux vendeuses à temps partiel de plus et me partageai entre les deux magasins. Au bout de quelques mois, je réalisai que mon CA était monté de 50%, mais que mes charges avaient doublé. A partir de ce moment, les choses commencèrent à mal se passer.

9e erreur: je me lançai dans une fuite en avant avec un 2e commerce alors que le premier n’équilibrait pas encore ses comptes. Je ne savais pas que grandir trop vite est un grand danger.

10e erreur: pour me partager entre 2 magasins, j’avais besoin de davantage de vendeuses, donc j’augmentai trop mes charges.

11e erreur: en payant mes fournisseurs sur facture avec un délai de 30 jours, j’avais des liquidités suffisantes à court terme. Je ne réalisai pas qu’en fait, je vivais dans l’illusion.

Je n’avais pas pris conscience, que quand j’avais conclu le crédit, le taux était à 4.5% et qu’une année plus tard il était monté à 6.5%. La charge d’intérêts commençait à vraiment peser lourd et j’avais de la peine à faire face. La banque me convoqua et m’informa qu’elle souhaitait que je réduise mon crédit en l’amortissant. Il fallait donc réduire mes frais et je décidai de vendre ma 2e épicerie. J’y arrivais assez rapidement, mais du consentir à ne pas rentrer dans mes investissements.

12e erreur: je n’ai pas pris conscience qu’une banque a un business qui cherche le profit et n’est pas un organisme d’aide aux entrepreneurs.

Quelques mois plus tard, je fus reconvoqué par la banque. Mais cette fois, le conseiller n’était plus le même que celui qui m’avait accordé le prêt et qui m’avait demandé si je ne voulais pas plus. Le suivant était là pour me dire qu’il me donnait six mois pour rembourser 80’000.- soit un peu moins du tiers de la dette totale. Mais en attendant, il m’obligeait à amortir plus de 1’300.- par mois en plus des intérêts. J’étais pris à la gorge.

Cette exigence m’empêcha d’honorer mes factures de fournisseurs et je pris du retard. Je du donc me résoudre à vendre la petite maison dans laquelle j’habitai avec ma famille avant que la banque ne le fasse. J’y arrivai et remboursai les trois quart de ma dette bancaire avec la fierté d’avoir fait face et d’avoir fait mieux que ce que l’on exigeait de moi. Une fois encore, je fus convoqué par le conseiller qui m’annonça que leur exigence d’amortissement mensuel était inchangée. Je fus éberlué. Il m’expliqua froidement qu’en vendant ma maison j’avais supprimé la garantie qu’ils avaient pour ma dette et que dans ces conditions ils exigeaient de solder les 50 ou 60’000.- qui restait en maintenant ce niveau d’amortissement. Je décidai alors de chercher à remettre le commerce.

13e erreur: je ne croyais pas qu’une banque pourrait me mettre sur la paille. J’étais candide à cette époque !

Entre temps, les affaires étaient devenues plus difficiles. Des centres commerciaux se construisaient dans les alentours, le syndic voulait faire passer le bourg en zone piétonne me privant ainsi d’une bonne partie de ma clientèle et le comble à mon désarroi un projet de centre commercial dans le village même, au bord de la route cantonale, était lancé. Cette fois, je sentis que la fin était proche. En quelques mois, j’avais perdu plus de 10kg, mon teint était blafard et je commençai à très mal dormir.

14e erreur: je n’avais pas réalisé que des facteurs externes sur lesquelles je n’avais pas d’influence pouvaient réduire à zéro la valeur de mon entreprise.

Sans repreneur intéressé, qui le serait, je décidai donc de fermer l’épicerie en janvier 1998 et commençai à liquider le stock. L’avenir était sombre. Une quinzaine de jours après sa fermeture, deux dames se présentèrent et me proposèrent de reprendre mon commerce pour quelques milliers de francs. Je réalisai alors que l’une d’elle était une cliente fidèle du magasin. Elles avaient attendu que je ferme et que je sois au bord du gouffre pour se manifester et négocier ce prix dérisoire.

15e erreur: j’ai annoncé trop ouvertement mon intention de fermer le magasin. J’ai manqué de discrétion.

Finalement, après plus de deux ans de recherche, je réussis à vendre mon dernier bien, le terrain avec le chalet de mon enfance juste au moment de la fermeture. J’ai pu ainsi rembourser la totalité de mes dettes, fournisseurs et banque.

Ma fierté malgré l’échec et la perte de tout mon patrimoine

Durant ces 4 années de galère, je n’ai jamais reçu un seul commandement de payer, je n’ai pas fait faillite, j’ai remboursé jusqu’au dernier franc tous mes créanciers. Et enfin, même acculé, je n’ai jamais baissé les bras ! J’ai payé le prix fort, mais je fais partie des survivants !

Je sais désormais ce que signifie l’expression « être indéfiniment responsable sur tous ses biens des dettes de l’entreprise ». Merci Monsieur l’expert comptable, la Raison individuelle était bien la forme juridique qui me fallait !

Je comprends aussi mieux l’expression « Le banquier t’offre un parapluie quand il fait beau et le retire quand il pleut ».

Il m’arrive de dire qu’en tant qu’entrepreneur dans cette affaire, j’ai fait toutes les erreurs possibles et imaginables, mais que grâce à ces erreurs j’ai beaucoup appris.

Comment je suis devenu un survivant et comment je profite de mes erreurs pour être utile

En 2003, quand j’ai mis en ligne mon premier site, je me suis autofinancé grâce au prélèvement de mon 2e pilier, moins de 20’000.-

Quelques années plus tard, j’ai réussi à constituer deux Sàrl, un réseau de 12 sites qui font plusieurs centaines de milliers de visites par an, plus de 500 documents sont téléchargés chaque mois. J’accompagne entre 40 et 60 créateurs d’entreprise par année.

Ces sites génèrent toute mon activité et j’arrive à en vivre simplement sans avoir aucun crédit sur le dos. Mieux mon conseiller bancaire m’invite chaque année pour un repas gastronomique afin de me remercier pour les clients que je lui amène :-) Je fais ce qui me plaît (écrire par exemple :-) et suis en mesure de  refuser toute contrainte que je ne choisis pas librement. J’ai 55 ans et le meilleur est devant moi !

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Finalement, j’en arrive à penser que ce naufrage, que j’ai provoqué tout seul comme un grand, est l’expérience la plus forte et la plus enrichissante de ma vie. Elle est un terreau riche dans lequel j’ai fait repousser une nouvelle vie.

Vous comprendrez pourquoi j’aime cette photo des deux arbres. Rien n’est perdu, tout peut renaître ! Je suis enfin devenu indépendant et libre.  Ma 2e tentative était la bonne !

 
 
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